Système d'information & culture d'entreprise
Et bien non, en 2005, le système d’information d’une entreprise n’alimente pas spécialement une culture du réseau. Et pourtant le système d’information fait largement partie du quotidien de la grande partie des néo-ouvriers qui oeuvrent dans les usines informationnelles que sont devenues les entreprises.
L’architecture informatique d’une entreprise est rarement perçue dans sa globalité et apparaît avant tout comme le moyen d’aller plus loin dans la rationalisation des processus pour gagner en productivité. L’approche se focalise sur les processus et brille donc par son caractère instrumentale. Voilà qui ne suffit pas à générer une culture d’entreprise en réseau.
Les impacts managériaux sont très importants et ils le seront de plus en plus. Les modes d’évaluation des salariés évoluent de même que le rapport aux connaissances et à l’information en générale. A la clé, les modes de rémunération tendent à s’individualiser. Idem pour la formation. Une forme ambiguë de « responsabilisation » est à l’honneur et la pression sur les objectifs, induite notamment par la traçabilité et autres indicateurs, l’est tout autant. Même les espaces dédiés à la formation et à la collaboration au sens large font la part belle à des processus quelque peu étouffants et réducteurs.
En toile de fonds, les directions cherchent à faire en sorte que les collaborateurs formalisent toujours plus par écrit ce qu’ils font et comment. Cette valorisation de l’écrit constitue l’un des grands traits des systèmes d’information des entreprises et de l’internet en règle général. Sauf que dans l’entreprise, l’écrit permet avant tout de nourrir les processus. En clair, il s’agit de remplir des cases ou de produire du document. L’écrit est donc sous exploité sur les systèmes d’information des entreprises. Celles-ci ont certes totalement intégré le mail qui repose sur des écrits relativement déstructurés. Mais aujourd’hui, même un outil comme la messagerie devient structurant en intégrant lpar lexemple les applications de gestion de la relation clients avec à la clé une dimension processus de plus en plus marquée.
La grande majorité des directions n’ont pour le moment pas incité leurs collaborateurs à s’exprimer librement et en public sur leurs intranet. Les forums et listes de discussions très usités sur l’internet ne trouvent que peu d’écho sur les intranet. Hormis dans certaines communautés techniques très familières de ces usages collaboratifs. Les directions sont encore très frileuses quand il est question d’envisager le déploiement d’une « nouvelle » génération d’outils de publication et de coopération avec les blogs ou encore les wikis. Autant d’outils issus des usages de l’Internet qui contribuent à mettre l’utilisateur au cœur de la dynamique en jouant sur la responsabilisation sur un niveau d’information écrite susceptible de se détacher des processus.
A croire que les entreprises ne tiennent pas a aller jusqu’au bout de la logique de responsabilisation et d’autorégulation que porte en lui un réseau d’entreprise global. Cette difficulté à intégrer ces outils n’est pas plus surprenante que cela dans la mesure où les usages qu’ils facilitent s’affranchissent de l’approche processus en vigueur dans les entreprises.
La démarche par les processus serait donc incompatible avec celle qui consisterait à créer les conditions pour le développement d’une culture du réseau sur l’intranet ? C’est bien du côté de la capacité des entreprises à grignoter sur le tacite en amenant les collaborateurs à écrire et partager une petite partie de ce qu’ils ont dans tête où qu’ils préfèrent échanger de vive voix et de visu que les entreprises peuvent optimiser leurs performances sur des registres autres que ceux induits par les processus. L'avantage concurentiel est certainement de ce côté là.
C’est au fil de l’eau que ces espaces de respiration se structurent. Une différence de taille par rapport à une approche structurée par défaut qui découle d’une certaine forme de dictature des processus.
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> Processus 
RH
le 31.08.05 à 19:02
dans Productivité
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Commentaires
Avez-vous lu Habermas et son éthique de la discussion ?
Laurent Javault - 11.09.05 à 17:37 - # - Répondre -
← Non
Qu'est ce qui pourrait me motiver à le faire ? Quel est le lien. J'aime bien cette idée d' "éthique procédurale" croisée sur dans le sommaire de la chose.
RH - 12.09.05 à 08:20 - # - Répondre -
← Re: Non
Jurgen Habermas a travaillé et réfléchi sur la façon dont les démocraties devraient renouer avec le grand projet, avorté selon lui, des Lumières, à savoir la réalisation de l'individu, son épanouissement, les conditions de sa liberté. Ce projet ayant été comme détourné au profit de forces supérieures associées à la bourgeoisie et au progrès technique. C'est donc un penseur de "gauche" mais très modéré et proche des sociaux-démocrates. Accessoirement, on le présente comme le philosophe allemand et européen le plus important (avec feu Derrida). Il appartient à l'école de Francfort.
Pour lui, la démocratie passe par la discussion. L'idée peut paraître banale mais sa réflexion est évidemment plus profonde. Pour faire très (très) simplifié, la discussion entre les individus doit être un moyen d'auto-réflexion rationnel conduisant à des modes d'apprentissage et à un modèle démocratique permettant la libération. Habermas en est venu à réfléchir sur le langage et bien d'autres choses.
Mais le mieux, c'est encore d'aller le lire...
Laurent Javault - 12.09.05 à 19:12 - # - Répondre -
← Ca fait pas trop mal au crane ?
Merci pour les précisions. Je vais regarder ça. Jsais pas mais l'éthique de la discussion me fait penser à du Monty Python
RH - 13.09.05 à 17:01 - # - Répondre -
Lien croisé
Usine informationnelle[Feed Show RSS reader] : " Système d'information & culture d'entreprise Date: Wed, 31 Aug 2005 18:02:38 +0200Et bien non, en 2005, le système d information d une entreprise n alimente pas spécialement une culture du réseau. Et pourtant le système d information fait largement partie du quot"
Anonyme - 29.01.07 à 12:41 - # - Répondre -