Habiller une offre d’emploi
Des services payants ?
Mais pourquoi la structure et le contenu d’une offre d’emploi ne diffèrent quasiment pas selon que celle-ci soit publiée sur du papier ou en ligne ? Au mieux, l’offre publiée en ligne va apporter quelques précisions supplémentaires mais toujours de façon linéaire. Le modèle de l’offre d’emploi en ligne se fait le plaisir de continuer à s’imposer les contraintes du format papier. Mieux vaut en effet proposer des offres synthétiques pour capter l’intention des candidats et en cela le modèle de l’offre papier peut être considéré comme une bonne école. Sans compter que les recruteurs s’accommodent très bien d’un modèle papier qui permet surtout d’en dire le minimum. Le recruteur ne tient pas à s’épancher sur les besoins qui justifie l’ouverture du poste. Pas plus que sur les moyens. Du côté des sites emploi, on s’accommode tout aussi bien de la structure simplifiée de l’offre d’emploi en ligne.
Sans sombrer dans le pseudo argumentaire de la transparence, il y a tout de même avec le net des alternatives au modèle unique de l’offre d’emploi monobloc. Est-ce de la science fiction que d’imaginer une offre d’emploi avec une structure en tiroir. La colonne vertébrale serait représentée par une porte d’entrée mentionnant le nom de l’entreprise (avec quelques chiffres clés – effectifs / CA), le secteur d’activité et bien entendu le descriptif du poste, le profil recherché…Rien d’original sauf si l’entreprise propose des niveaux d’information supplémentaires…avec les tiroirs qui se rempliraient d’informations sur la politique de formation, de rémunération, de promotion sans sombrer dans le discours creux. Exemple : une SSII cherche à recruter un chef de projet. Au delà du socle de l’offre, le candidat pourrait par exemple prendre connaissance de l’ancienneté moyenne, de l’âge moyen, de la répartition hommes / femmes, des niveaux de diplômes des chefs de projets avec un ratio recrutement externe / mobilité interne sur cette fonction. En prime, il est toujours possible de rêver à un niveau moyen de rémunération en fonction de l’âge…Voilà qui permettrait d’étoffer les offres d’emploi.
Mais il est possible d’ajouter encore une couche d’information. Le candidat pourrait consulter une revue de presse des articles relatifs à l’entreprise à l’origine de l’offre avec la possibilité d’élargir au secteur. Alors là, il est fort à parier que le service serait payant. Je trouve pour le moins surprenant qu’un support tel que Le Monde ne propose pas cette forme de contextualisation payante sur sa plate-forme Talent.fr. N’y avait-il pas un projet de mise en commun des archives des différents supports de la presse professionnelle ?
Aux États-Unis, depuis 1997, Vault.com propose justement aux candidats de consulter moyennant un abonnement mensuel d’environ 3 dollars des retours d’expérience sur près de 3000 entreprises. Ces retours (30275) sont alimentés par des salariés en poste ou d’ex salariés, sélectionnés et publiés de façon anonyme. Chaque mois, les auteurs des retours d’expérience les plus précis se voient remettre des chèques de 250 $, des abonnements gratuits, des guides. Tout une politique d’incentive est en place. Le retour d’expérience peut soit concerner l’ambiance générale, le processus de recrutement et d’évaluation, la rémunération ou encore la stratégie de l’entreprise. Vault.com décline la chose avec les écoles en invitant les étudiants à remplir des retours d’expérience selon une grille adaptée. Parallèlement à ces fiches de retours d’expérience, Vault invite ses visiteurs à poster sur des forums propres à chaque entreprise. Dans ce cas, la démarche n’est pas structurée. Il n’en demeure pas moins que les messages postés sont eux aussi en accès réservé. Tout est payant pour les candidats sur Vault sauf les offres qui y sont publiées. Vault.com publie en effet également des offres d’emploi et qu’il compte des annonceurs comme Monster.
En France, courant 2000, le site Tchooze se lançait sur les traces de Vault en mettant d’avantage l’accent sur les espaces de discussion libres. Le succès n’a pas été à la clé.
Pour autant, il ne me semble pas utopique de voir d’ici quelques temps ressurgir en France une plate-forme inspirée de Vault. Une plate-forme qui pourrait être, en partie, alimentée par des sources syndicales…Il y a l’évidence de la matière factuelle à exploiter de ce côté-là.
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> Recrutement 
RH
le 23.03.05 à 13:51
dans Recrutement
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Commentaires
Facts, facts, facts
Tu avais évoqué tout cela lors de la "réunion RH" du 11 mars 2005. J'avais été frappé notamment par la "contribution factuelle" à valeur ajoutée dans un processus de recrutement.
... Tu lancerais sur l'ouvre-boîte http://louvre-boite.viabloga.com un appel à ... action ?
Xavier Maury - 31.03.05 à 17:20 - # - Répondre -